23 févr. 2020

Covid-19 impact sur le tourisme mondial ?



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Unaids.org


Depuis l'apparition en Chine du nouveau coronavirus en décembre 2019, désormais nommé Covid-19, l'épidémie est aujourd'hui devenue quasi mondiale avec la Chine en tête des décès et des contaminations, l'Europe, l'Iran avec qui les pays voisins ferment leurs frontières et un cas en Egypte à ce jour.

Les messages que l'OMS envoie, tout d'abord rassurants, sont passés de l'optimisme béat au catastrophisme avec une inquiétude légitime quant aux possibilités du continent Africain de gérer une épidémie de ce type si elle devait s'y répandre.

La Chine qui a pour la première fois dans l'histoire décidé de placer en quarantaine la région du Hubei  et ses 60 millions d'habitants, a interdit tout voyage touristique pour les groupes, tout en laissant les individuels libres de voyager après vérification de leur température au moment d'embarquer.

De nombreuses compagnies aériennes ont supprimé leurs liaisons de et vers la Chine.

Mais c'était sans compter les villes flottantes que sont ces paquebots de croisières comme le Diamond Princess bloqué au Japon et s'étant révélé être un bouillon de culture propice au Covid-19.

La Corée du Sud est à son tour brutalement touchée.

L'Italie depuis ce week-end est devenu le pays d'Europe le plus massivement atteint (130 cas et deux morts). Des mesures de confinement viennent d'être prises en interdisant les déplacements dans une dizaine de villes de Lombardie et de Vénétie.
Ces mesures risquent d'être durcies et étendues dans les heures qui viennent alors que des premiers cas de contamination sont signalés à Rome.

Œuvre E. Pignon-Ernest

Depuis le début de cette crise sanitaire le tourisme mondial accuse plus de 30 milliards d'euros de pertes, l'Asie, l'Europe ainsi que le bassin méditerranéen sont les zones les plus concernées par ces pertes.

Sans oublier les répercussions dans l'économie mondiale liées à l'arrêt brutal des usines chinoises depuis janvier et dont le redémarrage est plus poussif qu'attendu compte tenu de la crise sanitaire qui semble vouloir durer.

La situation en Italie si elle n'est pas rapidement canalisée et circonscrite pourrait siffler pour le tourisme européen le début d'une crise économique pire que celle dite du printemps arabe de par un effet domino sur l'ensemble de la zone méditerranéenne.

Le pire scenario serait celui de la mise en place tous azimut de protections sanitaires draconiennes et de fermetures de frontières pour enrayer la propagation du virus qui pour le coup entraîneraient l'effondrement du tourisme mondial.
Nous n'en sommes pas encore là mais.... la peur s'installe alimentée par tous les médias. Des comportements racistes naissent dans les populations vis à vis des touristes asiatiques mais pas seulement comme par exemple en Ukraine où des citoyens ont violemment pris à partie des cars transportant des "rapatriés".


Œuvre E. Pignon-Ernest

Que peuvent faire les États pour mettre un terme à cette pandémie ? A part une mise sous cloche hermétique de son territoire (irréalisable) ils ne peuvent qu'essayer de se préparer à faire face à un afflux de malades s'ils en ont les moyens financiers et limiter au maximum les échanges entre pays en attendant la mise au point d'un vaccin efficace.

Comment vont se comporter les "touristes"?

Déjà depuis une vingtaine d'année de nombreux territoires sont désertés par les touristes essentiellement à cause des conflits qui n'ont cessés de se multiplier en Afrique et au Moyen orient.
Pour le Maghreb,  le Maroc se remet tout juste depuis deux ans des conséquences de la crise de 2011 alors qu'il était le moins impacté par les mouvements de contestations, l'Algérie qui n'en finit pas de faire sa révolution ne peut toujours pas espérer créer une offre touristique et la Tunisie essaye tant bien que mal de renouer avec son tourisme all inclusive.

Le besoin d'évasion et de voyage ne va pas disparaître et le touriste trouvera toujours une destination où s'échapper en toute quiétude, peut être plus près de chez lui.
Cela peut impliquer une nouvelle modélisation de l'offre touristique dans chaque pays moins tournée vers des marchés lointains et plus adaptée aux nationaux.

L'avenir nous dira si ce virus sera ou non à l'origine d'une crise mondiale majeure mais il serait sage de ne pas perdre de vue (et la raison) que la grippe saisonnière provoque chaque hiver une hécatombe dans les pays de la zone tempérée. En France pour la période fin 2018 à janvier 2019 on a compté 1100 décès directs dus à la grippe et une surmortalité de près de 13000 cas.

Cette nouvelle pandémie va-t-elle avoir des effets sur la mondialisation effrénée que nous connaissons ?

Rien n'est moins sûr.

Ce n'est pas la première alerte de pandémie il y a eu le choléra au milieu du 19ème siècle qui a fait plus d'un million de morts de l'Inde à l'Europe en passant par la Russie, la grippe espagnole de 1918 avec de 50 à 100 millions de morts,  le Sida au début des années 80 qui a encore provoqué en 2018 près d'un million de morts.

La mondialisation est aussi à l'origine de fléaux touchants la faune et la flore par importation de spécimens étrangers pouvant provoquer des ravages. Ce qui suscite moins d'angoisse dans les populations puisque les humains ne sont pas touchés.

Malgré cela les échanges n'ont jamais cessés de croître et même de manière exponentielle, le monde est inter-dépendant, en conséquence toute tentative de mettre un frein à la mondialisation provoquerait un effondrement du système que certains désirent mais dont personne ne peut imaginer les conséquences.

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